LE PRIX JEAN LEVET - ANDRE DORLEAT

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Le prix Jean Levet-André Dorléat est un prix décerné chaque année à un élève ou à un groupe d'élèves du collège de Cosne d'Allier qui ont effectué le meilleur travail sur le passé du pays cosnois à partir d'un thème défini.


Il a été créé en 2008 par M. Jean-Pierre Levet, professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Limoges en hommage à son père Jean Levet contrôleur des contributions indirectes à Cosne de  1948   à   1955 , passionné par l'histoire de Cosne et qui réalisa des recherches approfondies dans les actes anciens, terriers, registres paroissiaux. Ces travaux sont régulièrement publiés dans le bulletin de l'Association Mémoire du Pays Cosnois.

 

M Jean-Pierre Levet a tenu à associer à ce prix le souvenir de M. André Dorléat qui a collaboré avec son père dans ses recherches pendant tout son séjour à Cosne d'Allier. Le prix Jean Levet est doté par M. Jean-Pierre Levet, Mme Dorléat, la municipalité de Cosne d'Allier et l'association Mémoire du Pays Cosnois. Il permet ainsi aux élèves qui ont participé de recevoir des livres et d'enrichir le C.D.I. du collège.

M Jean-Pierre Levet lors de la remise du prix Jean Levet - André Dorléat

 

 
tailles des exploitations agricoles.jpg

Prix Jean Levet – André Dorléat 2022

 

 

                Le thème d’étude proposé aux élèves était :   

                          

L’agriculture dans le bocage hier et aujourd’hui

                22 élèves de la classe de 6ème 3 ont participé aux recherches sous la direction de Mme Pizaine, professeur de français au collège.

                Le jury a été très satisfait des travaux des élèves et a attribué les prix suivants en fonction de l’implication des élèves :

1er prix   :   12

2ème prix:     8

3ème prix:     2

                La remise des prix a eu lieu au collège Émile Guillaumin le 29 juin 2022. M. Jean-Pierre Levet a exprimé aux élèves les félicitations du jury, en présence de M. le principal du collège, de professeurs et de membres du jury de l’association Mémoire du Pays Cosnois. Mme le Maire de Cosne, retenue, s’est fait excuser.

                Chaque élève a reçu en récompense de sa participation un livre.

                Des ouvrages, en liaison avec le sujet du prix Jean Levet, avec un thème du projet d’établissement de l’an prochain (Molière) et avec le programme d’histoire, ont été offerts au C.D.I.

                La remise de ces ouvrages est possible grâce à la contribution financière de M. Jean-Pierre Levet, de la municipalité de Cosne d’Allier, de l’association Mémoire du Pays Cosnois.

                Le travail des élèves est organisé en deux parties :

                - Les aspects de l’agriculture au milieu du XIXème siècle, travail réalisé grâce à des recherches sur internet, sur des publications locales dont celles de Mémoire du Pays Cosnois et en particulier les travaux de M. Georges Buvat. Il a permis aux élèves d’organiser une description réfléchie de l’agriculture du temps de leurs grands-parents et d’apprendre à utiliser l’outil informatique pour présenter le résultat de leurs recherches.

                - Une série de 14 interviews d’agriculteurs d’aujourd’hui. Interviews toutes conduites selon le même schéma et qui permettent de mettre en évidence les aspects de l’agriculture actuelle dans notre région. Ce travail est intéressant car on peut en tirer une image des exploitations du proche bocage contemporain. Certes l’échantillon ne peut être considéré comme représentatif mais il correspond assez clairement aux caractéristiques et aux évolutions de ce milieu.

                [Le tableau récapitulatif est consultable en format pdf en fin de page.]

                Voici quelques observations sommaires que l’on peut faire à partir de ces interviews :

1 - L’âge des exploitants

L’âge moyen des agriculteurs se situe à 48 ans, seuls 2 ont moins de 40 ans. L’un d’entre eux a même 81 ans.

En France la moyenne d’âge des exploitants directs est de 49 ans en 2016. C’est une population vieillissante.

2 - La nature des exploitations

Nous sommes sur une terre d’élevage. Pas d’exploitations consacrées uniquement à la production végétale. Ce sont des exploitations de bovins (11 sur 14), soit pour la viande, soit pour l’engraissement, soit pour la reproduction (1), soit pour le lait (2). 2 exploitations sont consacrées à l’élevage des poulets. Une exploitation élève à la fois bovins, ovins, poulets. Une exploitation élève uniquement 80 bisons.

3 - La superficie des exploitations

La superficie moyenne des exploitations de l’échantillon est importante : 187 ha alors que la moyenne française est de 69 ha. Cette superficie est en constante augmentation du fait de la réduction du nombre des exploitations et des regroupements que cela entraîne. Dans l’Allier, 80 %  des exploitations sont consacrées à l’élevage. La superficie des exploitations d’élevage est beaucoup plus élevée que celles dédiées à la seule production végétale.

Le tableau suivant extrait de la revue Agreste montre comment le nombre d’exploitations baisse fortement alors que la surface exploitée (SAU) augmente sur 50 ans.

 

 

 

 

 

 

 

Les superficies sont partagées entre herbages et cultures. Les cultures sont utilisées pour l’autoconsommation c'est-à-dire pour la nourriture du bétail. La proportion des cultures varient dans les diverses exploitations (de 12 à 31 % de la superficie totale de l’exploitation).

4 - L’origine des exploitants

Plus des  ¾ des agriculteurs contactés sont eux-mêmes fils d’agriculteurs et  les terres qu’ils exploitent sont dans leur famille depuis plusieurs générations (l’un d’entre eux parle d’une transmission depuis 5 générations). Quelques-uns (5) agrandissent leurs surfaces par location de terres voisines. Deux seulement ont créé leur exploitation.

Les interviews ne permettent pas de savoir comment la propriété des terres s’effectue entre les différents héritiers.

5 - La formation des exploitants

Tous les agriculteurs interviewés ont une formation agricole de bon niveau. BEP, BTS, bac agricole ou plus. L’un d’entre eux est un ingénieur agricole qui s’est reconverti comme agriculteur.

En France plus de 50% des agriculteurs ont une formation technique agricole secondaire longue ou supérieure.

6 - Les productions

                a) Les productions animales

                               - bovins (Charolais et Aubrac).

                               Au charolais traditionnel de la région s’ajoute maintenant des races à viande de qualité à meilleur rapport commercial comme l’Aubrac ou la Limousine.

                               La taille des troupeaux est importante. Sur 12 exploitations bovines 7 ont plus de 200 têtes de bétail.

                                1 exploitation se consacre à la sélection de bêtes de qualité et conserve plusieurs taureaux destinés à la reproduction directe ou à l’insémination artificielle.

                               3 exploitations sont spécialisées dans la production de lait.

                               - ovins

                               3 élevages seulement se consacrent à la fois à l’élevage de bovins et de moutons. Mais aucune à l’élevage exclusif d’ovins.                

                               - bisons

                               Un exploitant élève 80 bisons sur 40 ha. Ce qui le contraint à un renforcement important des clôtures. (C’est un exception dans l’échantillon car cette exploitation est située en Lozère, mais une autre, voisine de Cosne, élève elle aussi des bisons).

                               - volailles

                               2 exploitations ont un élevage important de poulets (6000 et 16000 bêtes) mais à chaque fois lié à un cheptel de bovins ou d’ovins.

                b) Les productions végétales

                               Les cultures végétales sont toutes consacrées à l’autoconsommation, (l’alimentation des bêtes sur place), essentiellement des céréales : blé, maïs, orge, épeautre (céréale ancienne de rendement plus faible, souvent ensilée, utilisée en agriculture bio), seigle, méteil (mélange de céréales), triticale (variété de blé intéressante pour fournir de la paille) et même le sorgho (plante tropicale dont certaines espèces sont adaptées à notre climat et appréciées pour leurs qualités fourragères).

7 - La commercialisation des productions

                Les bêtes sont vendues à des abattoirs, quelquefois à des particuliers. Deux exploitations commercialisent leurs productions par l’intermédiaire de coopératives d’exploitants.

                L’éleveur de bisons vend ses bêtes à des particuliers et à des collèges.

8 - Le type d’agriculture

                Agriculture raisonnée : 7

                Agriculture bio : 4

                Agriculture traditionnelle : 2

9 - Les évolutions

                Les agriculteurs notent l’augmentation des surfaces exploitées, un matériel qui se transforme, mais pas de révolutions dans leur pratique. Il est évident que la mécanisation, augmente la productivité puisqu’un même exploitant  dispose d’une superficie beaucoup plus importante que celle que pouvaient travailler ses parents. On peut aussi relever que les agriculteurs se dirigent de plus en plus vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

 

 

 

 

Les références utilisées  pour la comparaison avec la France sont tirées des statistiques de l’INSEE consultées sur internet.

« L'agriculture raisonnée est une démarche, en France qui s'applique aux productions agricoles prenant en compte la protection de l'environnement, la santé et le bien-être animal. Le principe central de l'agriculture raisonnée est d'optimiser le résultat économique en maîtrisant les quantités d'intrants utilisées » (Wikipédia)

L’agriculture bio répond à des principes  beaucoup plus précis, certifiés et contrôlés, des conditions de production excluant entre autres les intrants reconnus comme néfastes pour la santé, refusant la recherche de la productivité à tout prix. Une agriculture qui veut respecter la nature et les consommateurs.

Tableau récapitulatif des interviews.jpg

PRIX JEAN LEVET-ANDRE DORLEAT

2021